Les Magiciennes de Sylvie Kaufhold


Et si les femmes n'étaient pas des personnages secondaires. Découvrez le destin de ces héroînes dans le premier tome de la saga Royaumes Ennemis de Sylvie Kaufhold : Les magiciennes.


Les Magiciennes de Sylvie Kaufhold

Éditions du 38


Nb de pages : 344.

Série : Royaumes Ennemis  (T1) 

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Traducteur : /.
Illustration :

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Catégorie : Fantasy
Partenariat : Aventuriales – Editions du 38
Challenge : PIF2021 – ABC2021.

L’hiver s’achève dans les steppes, laissant le Septentrion déchiré en deux territoires ennemis. Khazan, l’ambitieux seigneur des Tsets, est à la recherche d’une nouvelle technologie qui lui garantirait la victoire sur le chef des Araks et sa maîtresse sanguinaire.

Il doit pour cela obtenir l’aide d’un peuple étrange, retiré dans les Montagnes de l’Ouest et miné par des conflits internes menaçant sa survie. Trois de ses meilleurs guerriers, dont la solaire Iridiane, le soutiennent dans sa quête.

Mais d’autres dangers guettent le jeune chef de guerre, ne lui laissant aucun répit. Le jour, la reine magicienne d’un royaume pirate menace le sud de ses terres et la nuit, ses songes sont le terrain de jeu d’une jeune rêveuse boréale.


Ce livre m’a été offert par les éditions du 38 dans le cadre des sélections du Prix Aventuriales.  

Biographie


Après plusieurs romans dans des univers de fantasy jeunesse et jeunes adultes, dont la trilogie Allia (1re parution en 2011 chez Oskar éditeur puis réédition en 2018 aux éditions du 38), Sylvie Kaufhold crée son premier univers adulte avec Royaumes Ennemis.

Originaire de Toulouse, professeur de français et d’arts plastiques en Allemagne où elle vit depuis plus de 20 ans, elle est aussi correctrice et traductrice pour les Éditions du 38.

Autour du livre


Mon avis

Même si je connais Sylvie depuis plusieurs années, je n’avais pas encore découvert son écriture et les aventures qu’elle nous conte. La double occasion du PIF 2021 et des sélections du prix Aventuriales 2022 était trop belle… 

Je vais axer la chronique sur le féminisme, parce que ça fait un moment que j’ai envie d’en parler et que c’est un point important du livre. 

En avant propos, je soulignerai la qualité stylistique de Sylvie Kaufhold, qui nous narre une histoire chorale convaincante, avec une plume remarquable, tant dans les descriptions que dans les scènes d’action. Prouesses technologiques, idées rétrogrades de certains vieux conseillers, combats à cheval, le livre ne maque pas de scènes savoureuses, même s'il se concentre sur le devenir des personnages. 

Féminisme en Fantasy. 


Roman fantasy avec plusieurs régions et peuplades, ce texte comporte aussi et surtout des personnages féminins engagés.

Les femmes, dans les littératures de l’imaginaire, sont souvent malmenées. Putes, servantes, sous-fifres, certaines n’ont même pas de prénom. 

Les premières femmes à apparaître dans des romans de fantasy en tant qu’héroïne ont été écrites par des femmes (youhou). Je citerai, bien évidemment Marion Zimmer Bradley et Anne MacCaffrey.

Je parle ici de livres avec de vraies femmes et des aventures s’éloignant de pamphlets ou d’histoires travesties. Il ne suffit pas de remplacer le personnage principal par une femme ou de placer l’intrigue dans un monde gouverné par une reine…

Attribuer des rôles à des femmes, et entrer dans une vision féministe de la SFFF, c’est concevoir l’intrigue globale avec des femmes, qui parlent à des femmes, qui ont des besoins et des soucis de femmes, des envies aussi. Oui, une guerrière peut vouloir être bien coiffée, ou pas. Oui, une sorcière peut aimer les enfants, sans vouloir les manger. Oui, une tueuse peut gagner le même salaire qu’un assassin. Non, une femme charismatique dans un roman n’est pas forcément la méchante. 


Et si Bedchel n’était qu’un exemple ?



D’évidence, rares sont les ouvrages qui passent aisément le test Bechdel qui montre la surreprésentation des protagonistes masculins ou la sous-représentation de personnages féminins dans une œuvre de fiction. 

Pour valider le test, un film (ou un livre) doit répondre à ces trois critères : 
Deux personnages féminins sont-ils présents et nommés ?
Si oui, ces deux personnes discutent-elles entre elles ? (plus qu’une ligne de dialogue, une ou plusieurs conversations)
Si oui, la discussion porte-t-elle sur autre chose que sur un personnage masculin ?
D’après le site cinéséries, « le test a permis de mettre en évidence le sexisme inhérent à de très nombreuses œuvres. Le cinéma n’en est pas exempt. Nombre de films ont été soumis au test et ne l’ont pas accompli. Un site qui répertorie tous les films (bechdeltest.com) qui ont été soumis au test révèle que 40 % d’entre eux ne le passent pas. » 

Attention, un livre peut échouer au test sans être sexiste ! un huis clos avec une seule femme en héroïne ne passerait pas le test (puisqu'elle ne parle à personne, donc pas à une autre femme)

Et l’inverse est malheureusement vrai, un livre peut passer le test est pourtant être hautement sexiste, avec des actes malvenus envers les femmes. 

Pour contrer ce problème et bien d’autres, le projet « Fivethirtyeight » a contacté des femmes et plusieurs tests sont apparus, comme le score de Feldman

Ramené aux livres, on peut écarter/souder les items 2, 3 et 4, car les équipes sont beaucoup plus réduites ce qui ramène le score final à huit points, avec uniquement 4 points pour passer le score de Feldman.
Un film passe avec un score de cinq ou plus (un livre, 4 et plus):

2 points pour une scénariste ou réalisatrice
1 point pour une femme compositrice ou directrice de la photographie
1 point pour trois productrices ou trois femmes chefs de département
1 point pour une équipe composé à 50 % de femmes
2 points s’il y a une protagoniste féminine qui détermine les résultats de l’histoire
2 points si aucun personnage féminin n’a été victimisé, stéréotypé ou sexualisé
Et 1 point si une scène de sexe montre les préliminaires avant la consommation, ou si les personnages féminins initient ou réciproquent des avances sexuelles

Pour aller plus loin :  


Les magiciennes


Dans son roman, Sylvie Kaufhold nous présente plusieurs femmes très différentes, avec des envies et enjeux personnels bien précis. 

Si l’ont peut regretter le comportement de certaines au départ et les considérer comme des caricatures, ce n’est qu’en poussant la lecture que l’on s’aperçoit de leur profondeur. Je parle ici des filles de Meri, glaciales guerrières aux meurs sanguinaires et aux volontés monstrueuses. 

Souvent, comme évoquées un peu plus haut, les femmes sont montrées comme fortes, puissantes et monstrueuses. J’avoue que j’ai eu peur, au départ, en découvrant les deux sœurs de cette aventure. Mais bien vite, leur réalité et les rouages de l’intrigue leur allouent une véritable identité. 

Bien sûr, Iridiane a su me plaire. Chef de guerre ! rien que ça. Dans une société où les femmes se marient, elle montre son courage, sa qualité de meneuse, lie une relation intéressante (et des dialogues) avec un être « asexué ». Le seul bémol, Iridiane ne parle jamais avec une autre femme. 

Mais d’autres personnages féminins (nommés et ayant une évolution dans le roman) le font ! Comme la belle rêveuse boréale, qui va se montrer plus maline qu’elle ne le laisse croire dans les premiers chapitres.  

Belle. Ce sera un mini bémol, car toutes les femmes sont belles, dans ce roman. Sauf peut-être la reine de la ruche… 

Car, au-delà de ces femmes, l’auteure a amorcé des études sociétales (la ruche, par exemple) et montré les écueils de ces systèmes, toujours avec une vision féministe. Parce qu’on est bien d’accord qu’une reine des abeilles qui pond des milliers de larves, c’est pas très glamour. 

Revenons aux deux tests si dessus. Le test Bechdel est passé haut la main, même sans Iridiane, quand au score de Feldman, comptons le ensemble : 
  • 2 points pour une autrice femme
  • 1 point pour une femme éditrice
  • 2 points s’il y a une protagoniste féminine qui détermine les résultats de l’histoire
  • 1 point si une scène de sexe montre les préliminaires avant la consommation, ou si les personnages féminins initient ou réciproquent des avances sexuelles
Ce roman obtiendrait donc 6 points. Je ne lui accorde pas les deux derniers, à vous de lire le roman pour découvrir pourquoi. 

Au final

Les mots pour : style, féminisme, sociétés, évolution des personnages 

Les mots contre : /


En bref : un premier tome de saga très intéressant, avec des personnages féminins bien pensés, une aventure savoureuse, des technologies inventives. 

 

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