Manesh de Stefan Platteau (série)


Qui est cet homme, à moitié mort, que les marins sauvent des eaux ? Découvrez son récit d'une vie déjà pleine de rebondissements dans ce premier tome de la série Les sentiers des astres : Manesh de Stefan Platteau.


Éditions Éditions J’ai Lu


Nb de pages : 725

Série : Les sentiers des astres – tome 1 

*** 
Traducteur : /.
Illustration : Johan Camou

***
Catégorie : Fantasy

Partenariat : Aventuriales
Challenge : ABC 2019.



Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?




Biographie

Stefan Platteau est l’auteur francophone du surgissement mythique. Il revient aux fondations de la fantasy, à cet exotisme magique fait de splendeurs, de fascinations, de terreurs, où l’on tremble devant les dieux, où les actes surnaturels se paient au prix fort, où l’on ne ressort pas indemne des combats. L’auteur y parvient grâce à un allié de poids : une plume charnue et pleine d’âme.

Salué dès son premier ouvrage par de grandes figures de l’imaginaire (Ayerdhal, Jean-Philippe Jaworski, Justine Niogret…), Stefan Platteau sait mêler dans ses textes subtilité du récit, humanité des personnages et souffle de l’aventure.

En quatre livres puissants (Manesh – prix Imaginales du roman francophone 2015), Dévoreur (Prix « les petits mots des libraires » 2016), Shakti (2016) et Meijo (2018), l’écrivain belge s’impose comme une voix importante de la fantasy de langue française.

Source : Book-station, partenaire des Aventuriales

L’histoire

  •  Un barde se prend d’amitié pour un drôle de naufragé, qui se nomme lui-même Bâtard. Au fil des jours, l’homme lui confie un terrible secret : sa vie. Or le conte ne peut se terminer sans que la mort survienne... 

Mon avis

Je possédais ce livre, prix des imaginales 2015, depuis sa parution en poche. Or, lors de prochaines Aventuriales, j’aurais l’opportunité d’échanger sur la fantasy pour une table ronde en compagnie de l’auteur. Je me devais donc de lire au moins un de ses romans, avant.

Fantasy.


Il suffit de regarder les statistiques de ce blog, pour savoir combien j’aime la fantasy. C’est mon type de lecture préféré, n’en déplaise à ceux qui la pense désuète et « que tout a été écrit » ! La preuve que ces mots sont dénués de sens : ce livre !

Stefan Platteau nous plonge dans une fantasy douce et onirique, bien que mâtinée de passages gores et cruels. Monté sur l’alternance de deux narrateurs, Fintan le barde et Manesh le bâtard, l’histoire nous emporte dans une quête identitaire doublée d’un voyage au fil de l’eau, à bord d’une gabarre.

Beaucoup de romans fantasy se passent sur des fleuves, ou les traversent. Souvent sur des bateaux majestueux, aux voiles qui se gonflent de vents plus ou moins magiques. Ici, l’auteur a choisi des embarcations plus petites, moins fastueuses, même si elles sont d’un beau bleu turquoise.

Le mot du livre.


Comme d’un fait exprès, durant la lecture de ce roman, j’ai emprunté une petite barque à fond plat pour descendre un peu du Tarn. Ce n’était pas une Gabarre, mais cela m’a décidé à choisir ce mot pour cet article.

Le mot gabare, ou gabarre comme l’écrit Stefan Platteau, désigne un bateau à fond plat qui lui permet de porter un maximum de charge, avec un faible tirant d’eau.
Embarcation plate et pontée qui sert, sur les rivières et dans les ports, à transporter des marchandises, à charger ou à décharger les navires. (source : CNRTL)
Normalement destiné au transport de marchandises, il devient l’outil parfait pour la navigation sur le fleuve que remontent les héros du livre, où de nombreux bancs de sable viennent perturber les marins.
"Gabare à voiles, à rames, à moteur. De lourdes gabares débordantes de marchandises 
" (Flaub., Tentation,1874, p. 22).
Ces bateaux ne sont pas de petites barques, mais peuvent non seulement avoir des ponts (ici démontables) ou même un gréement.

Dans le livre ce sont donc deux gabarres que l'on voit progresser dans les eaux basses. Chacune emporte un équipage complet et elles cheminent de concert. L'un des héros, le Bâtard, se retrouve à bord de la plus grande, par le hasard des rencontres, et va raconter à Fintan (et aux autres qui s’empressent d'écouter à travers la fine toile de tente) les événements, depuis sa naissance extraordinaire, qui l'ont conduit jusqu'à ce bateau.

Équipage et charisme.


Toute la difficulté, dans un roman comme celui-ci, tient aussi à donner à chacun des nombreux protagonistes (une liste est fournie en fin du roman) une identité, un charisme particulier. L'auteur y parvient pour la majeure partie, mais cela donne de nombreuses digressions, et des informations passées sous silence. J'aurais aimé savoir plus sur Perdouan, sur Varagwynn ou encore Miach. C'est le premier tome d'une série et je suis persuadée de découvrir la vie de ces personnages au fil des pages.

Les variations de narration m'ont un peu dérouté. Les passages au présent, de temps en temps, m'ont fait sortir de la lecture. Ce procédé de changement de temps, s'il amène, pour les parties d'action plus de vivacité, reste une étrange façon de conter qui n'arrive pas à me satisfaire. L'alternance se veut aussi dans les sujets : Fintan se raconte alors que Manesh fait un récit plus global et use de la troisième personne, même pour parler de lui.

Fond, ambiance et description. 


Ce dernier paragraphe fourre tout pour préciser que le livre se déroule sur fond de guerre entre deux clans, alors que des géants solaires parcourent forets et montagnes. La quête identitaire de Manesh va le pousser vers ces deux points et il prendra part à cette guerre d'une drôle de façon, alors que ses pas le guidaient plutôt vers un de ces géants.

Je n'en dirai pas plus, ce serait dévoiler l'intrigue. Je terminerai par les descriptions qui m'ont réellement plongée dans ce monde. Noyées dans le texte, elles le magnifient. Jamais ostentatoires, elles apportent à la lecture tous les éléments nécessaires pour visualiser les personnages, les lieux de vie... 


La suite ? 


Bien sûr ! j'ai vraiment apprécié cette lecture et j'ai bien envie de connaître le destin de ces hommes et femmes.

Ce sera d'ailleurs un des petits bémols du livre, avec quelques longueurs vers le milieu, les femmes sont cantonnées à des rôles très secondaires et le livre ne passe pas le test de Bechdel (redécouvrez ce test sous le lien, ou ici). Il y a bien plusieurs femmes identifiées, mais elles ne parlent pas entre elles... 

Au final

Les mots pour : aventure, idée de base, descriptions, personnages charismatiques.

Les mots contre : rôles féminins, quelques longueurs vers le milieu du livre


En bref : un très beau premier roman (dans les deux sens, puisque c'est un premier tome et le premier livre de l'auteur). Une aventure riche, avec plusieurs intrigues croisées, de bonnes bases posées pour la suite, une fin digne des grands cliffhanger. A lire ! 

 

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