WALTON JO - Les Griffes et les Crocs


Après la science-fiction uchronique, Jo Walton nous a concocté une étude de société cachée sous un hommage aux romans victoriens. Quand les dragons nous remplacent, leur histoire présente Les griffes et les crocs. 


Éditeur : Denoël

Nb de pages : 400

Série : / 

Traducteur : Florence Dolisi.

***
Catégorie : Fantasy

***
Partenariat : Denoël 

Challenge : /.


Bon Agornin a eu une longue et belle vie, mais sa fin est proche, il le sent. Étendu près de son trésor, il attend la mort. Toute sa famille est réunie pour vivre avec lui ses derniers instants : ses deux fils et ses trois filles, ainsi que son gendre, l’Illustre Daverak qui héritera de son domaine. 

Bon Agornin tient absolument à se confesser à son fils aîné, il veut partir absous de ses péchés, d’autant que ceux-ci sont immenses : afin de pouvoir devenir un dragon de soixante-dix pieds de long, capable de voler et de cracher du feu, il a dévoré son frère et sa sœur — les carcasses de bœuf ne suffisent pas pour mener à bien une telle entreprise… 

« Je n’ai pas eu le choix », se justifie-t-il, dans son dernier souffle. Avant d’être dévoré à son tour par ses héritiers, comme le veut la tradition chez les dragons. 

Hommage aux romans victoriens d’Anthony Trollope, délicieuse chronique d’une société de cannibales à écailles, Les Griffes et les Crocs a reçu le World Fantasy Award. Vous n’avez jamais lu un « roman de dragons » comme celui-ci.

[Tooth and Claw] Parution : 21-09-2017


Biographie

Jo Walton est née en 1964 au Pays de Galles.

C’est une romancière britannique de science-fiction et de fantasy.

Son site

L’histoire

  •  Notre père est mort, partageons son corps... il nous rendra plus forts. 

Mon avis

Lorsque les Éditions Denoël m’ont proposé les livres de septembre, je n’ai même pas lu le résumé de ce roman. Le nom de Jo Walton m’a suffi. Du coup, découvrir au fil de la lecture que les personnages vont manger leur père m’a laissée quelques secondes pantoise.

Cannibalisme. 


À croire que le sujet reste à la mode, puisque ces jours-ci, une nouvelle affaire défraie les chroniques journalistiques : un couple de russe qui a boulotté 30 personnes.

Mais en cherchant un peu, on s’aperçoit que phénomène est récurent, comme l’évoque l’article de France Culture : Manger son prochain : pourquoi le cannibalisme nous fascine ? 

Je suis moi-même étonnée du nombre de livres lus sur ce sujet, puisque j’ai repéré pas moins de quatre livres (et j’en oublie sûrement) :

Jo Walton l’aborde sous un angle différent, décalé, un brin humoristique. Et on avale finalement assez bien ces pères, sœurs et autres convives sanguinolents. 

Des animaux pour instruire les hommes.


D’abord les personnages sont des dragons. Mais pas de gros monstres. S’ils aiment l’or et dorment dessus, ils marchent, lisent, apprennent, mangent à table, vont à l’église...  

Comme La Fontaine à son époque (et ses prédécesseurs) qui se servait des « animaux pour instruire les hommes », Jo Walton a détourné l’histoire et nous a concocté une succulente étude de société, masquée sous un récit fantasy. Liberté des femmes, esclavage, religion, l’auteure aborde de nombreux points sensibles et les mêle habilement à son texte. 

De fait, rapidement, on tourne autour de deux axes principaux : les hommes (et une vieille dragonne) sont en quête d’une position sociale, financière et politique, alors que les dragonelles ne pensent qu’à leur mariage. Un petit côté Jane Austen a d’ailleurs été soulevé par de nombreux chroniqueurs. Puisque ces rouages sont aussi ceux de cette extraordinaire auteure, ce rapprochement s’entend. 


Légèreté et manichéisme.


On retrouve aussi une fausse légèreté dans ce roman. Si l’on s’attache uniquement au vécu des demoiselles, à leur robe rosée dès que leur cœur s’emballe, à leurs refus successifs (les titres des chapitres sont très drôles), le livre peut sembler bien peu profond et très manichéen.

Ce point est accentué par le nombre de pages, qui limite l’univers dépeint. Il se passe beaucoup de choses, et par conséquent l’enrobage souffre un peu de ce trop-plein d’activité. 

Raconté en alternance, lorsque les frères et sœurs se séparent, le roman suit une chronologie à peu près conservée. Mais à l’instant ou l’histoire s’emballe, l’auteur a dû recourir à un artifice et revenir en arrière de quelques jours pour l’une des héroïnes. Loin de gêner la lecture, ce petit retour a été amené avec humour et permet de bien comprendre les événements. 

Des dragons adorables (ben, ils sont mangés...).    


Les personnages sont travaillés, charismatiques, envoûtants. On s’attache à eux et on ressort forcément frustré, car on en voudrait plus. 

C’est un constat général sur ce livre : il y avait matière à faire une saga ! 

L’écriture toujours aussi fluide et l’humour qui transpire du texte confortent la place d’auteur très apprécié à Jo Walton. 


Au final

Les mots pour : dragon, cannibalisme, étude société, petit côté Jane Austen

Les mots contre : trop condensé ?

(explication de la grille de notation)
Style : 4,5/5
Intrigue : 4/4
Personnages  : 3,5/4
Écriture : 2 Crédibilité : 2
P principal (aux) : 2,5/3
Narration : 1,5 Action : 1
P secondaires : 1/1
Description : 1 Violence/Tendresse : 1
Temps et espaces : 1,5/2
Sensation générale : 2,5/3
Rythme général : 2/2
Total : 18. /20

En bref : un livre moins doux qu’il n’y paraît, abordant des thèmes forts. Son petit côté Jane Austen avec de romantiques intrigues et ses études de société m’ont emporté sur les ailes des dragons.   

 

nanet en salon

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