Entre troll et ogre de Marie-Catherine Daniel


Un troll pour héros ? C’est le pari tenté par Marie Catherine Daniel dans ce roman oscillant entre Fantasy et SF : Entre troll et ogre.


Éditions ActuSF (Bad Wolf)

Nb de pages : 286.

Série : / 

*** 
Traducteur : /.
Illustration : Ronan Toulhoat

***
Catégorie : Fantasy – SF
Partenariat : ActuSF
Challenge ABC 2020.



» Entre troll et ogre » est une métaphore sociale tout autant qu’une quête d’humanité. Les ogres – disciplinés, rationnels, cruels – dirigent la société dont les trolls – incultes, bagarreurs, hypersensibles – sont la plèbe docile. L’histoire est celle d’Arsouille un vieux troll désabusé, faible et perclus d’arthrite, qui s’inquiète pour son petit-fils bientôt obligé d’entrer au collège et d’y affronter les ogres et sa Grande Poussée Dentaire. Un soir, Arsouille reçoit une lettre pleine d’amour signée de son jumeau qu’il n’a pas vu depuis 50 ans. Sauf que ce frère est un ogre et que les ogres n’écrivent pas aux trolls... 

Sortie en poche février 2020


Biographie

Blog de l’auteure et biographie
"J'écris des romans pour les adultes ou la jeunesse, des nouvelles ou des histoires pour enfants, des poèmes. Que leur genre littéraire soit Imaginaire, Contemporain, Historique ou relevant de la Poésie, mes textes sont toujours teintés des thématiques sociales qui me sont chères, tout en se voulant accrocheurs et dynamiques."
Une interview  

L'histoire

  • Une enquête à mi-chemin entre la fantasy et le post-apocalyptique. Avec Entre troll et ogre, Marie-Catherine Daniel signe un roman puissant qui interroge la notion d’humanité. 
  • Roman original, drôle et émouvant, il s'inscrit dans la lignée de la collection Bad Wolf dirigée par Audrey Alwett.
  • un extrait (téléchargement)

Mon avis

J'ai rencontré Macada lors des Aventuriales (ne me demandez pas quelle année...) et j'avais repéré ce livre, mais vous connaissez l'état de ma PAL (on peut inventer l'acronyme MAL : montagne à lire ? )... aussi lorsque les éditions ActuSF me l'ont proposé en partenariat, à l'occasion de sa sortie en poche, j'ai foncé !

Un poche, ça se faufile entre deux bouquins, ça se glisse dans un interstice, ça s'emporte partout... oui, bon, je trouve des arguments qui ne convainquent personne, j'avais juste envie de le lire, on est d'accord !

Fantasy ou SF ? 


Bien que l'accident apocalyptique n'ait pas été clairement décrit, ce roman se veut une forme possible de (notre) futur, ce qui le rangerait dans les étagères SF. Comme il narre l'aventure de trolls et d'ogres, dans un pays (inventé, calqué ?) en guerre (les carrés et les croisés s'opposent, mais on n'en sait pas plus) on peut aussi le classer en Fantasy. Mais si ce pays le nôtre, pourquoi ne pas le positionner en Fantastique ?
Un comprimé pour le mal de tête ? 

Ces classements sont purement théoriques et on peut se contenter de dire que c'est de l'imaginaire. Ou le concevoir comme une étude de société, un pamphlet, un roman humoristique, une allégorie...

En tous cas, l'auteure y aborde de nombreux sujets, en prenant pour héros un vieux troll. La narration à la troisième personne se focalise sur lui et nous donne un langage parfois cru, très savoureux et rigolo. Le rythme est assez lent (le héros à des rhumatismes et de l'arthrite...) avec un gros ralentissement au tiers du bouquin.

Troll ? Le mot du livre.

Un troll, c'est quoi ? Outre d'être devenu, dans l'argot d'internet, une personne (ou un commentaire) qui cherche les conflits, c'est surtout un être de la mythologie scandinave. Le CNRTL en donne cette définition :
Être malveillant, nain ou géant, revêtant une forme laide tenant à la fois de l'homme et de l'animal avec un gros nez, et habitant des cavernes dans les montagnes ou les forêts. 
Bien que chez les Nordiques il apparaisse dès le moyen âge, il n'a pas de forme précise. Tantôt géant, tantôt petit, il est toujours décrit comme retors et joue des tours aux humains.

"Le troll incarne l’esprit naturel de la Norvège. Il est la forêt et la montagne en mouvement. Il est le symbole de notre peur de la nature." Odd Hølaas « les trolls en Norvège » 1974.
Associé à la nature, voire à l'eau, c'est un bipède au faciès effrayant, dans la littérature SFFF.

L'auteur qui a ravivé ces êtres est sans conteste J.R.R. Tolkien. En s'inspirant des contes scandinaves, il façonne des personnages grands, forts, laids et particulièrement stupides, ce qui change des traditions, où il est plutôt décrit comme roublard et trompeur.

Comme dans les légendes norvégiennes ou scandinaves (source), ils se transforment en pierre sous les rayons du soleil et vivent donc essentiellement dans des cavernes. Dans le Hobbit, puis dans Le SDA on apprend qu'ils mangent sans sourciller aussi bien les hobbits que les nains ou les elfes...

D'autres auteurs ont réutilisé cet être fantastique, comme J. K. Rowling dans Harry Potter à l'école des sorciers (1997)... et il est même devenu héros comme dans ce roman. Une petite recherche sur un des sites de lecture donne plus de 500 références ! On retrouve enfin des Trolls dans des jeux de rôle ou des jeux vidéo, sans oublier les films !

Et dans ce roman ?


Marie-Catherine Daniel a choisi un Toll à taille humaine, avec un nez proéminent (une hure), des dents massives et des cheveux souvent coupés en brosse et récalcitrants à cette dernière... donc, loin de canaux de beauté actuels. Le personnage principal de surcroît est un vieux troll, perclus de douleurs, avec un genou raide.

Pour le côté roublard, dans ce roman, les trolls sont plutôt des idiots de l'histoire. L'auteure les oppose aux ogres, doués pour les études, les mathématiques, la logique et dénués d'émotions. L'allégorie des militaires droits dans leurs bottes et obéissants est très nette.

Au-delà d'une aventure, l'auteure nous guide dans une analyse de la société et ses rouages malsains. De l'école avec ses clans, ses jugements jusqu'à l'administration parfois obtuse, on passe par des scènes drôles (un peu convenues, parfois) et une propension du personnage à se foutre dans la mouise sans y penser. Le voyage épique qu'entreprend Arsouille, les rencontres et les amitiés qui naissent sonnent comme une épopée humoristique, pourtant teintée de réflexion.

On peut reprocher quelques facilités, mais le livre ne joue pas sur l'aventure et les procédés héroïques. Bien plus sur le devenir des personnages, qui ont une aura charismatique intéressante. Quelques scènes et un langage cru l'écartent des lecteurs trop jeunes.

La fin est à la hauteur du bouquin, bien qu'un peu prévisible.


La suite ? 


C'est un tome unique, mais je lirai autre chose de Marie-Catherine Daniel ! 

Au final

Les mots pour : style, réflexion, étude de société, charisme.

Les mots contre : rythme un peu lent ?


En bref : un très bon bouquin de fantasy que j'ai lu rapidement avec un sourire greffé aux lèvres ! 

 

nanet en salon

nanet en salon
Parce que j'écris, aussi...

Ma liste de blogs

Pour me contacter

Nom

Adresse e-mail *

Message *

Newsletter

Vous pouvez être avertis des publications.

Entrez votre adresse mail :

Merci !


Géré par FeedBurner

Membres

formulaire ABC

Articles les plus lus (7 derniers jours)

Mentions légales et Cookies...

Ce site utilise google analytics pour obtenir des statistiques anonymes de fréquentation.

Ce logiciel satisfait aux législations en vigueur mais vous pouvez désactiver les cookies lors de votre visite.

Les adresses mails utilisées par la newsletter sont gérées par FeedBurner.